Rettigny (Renglez)

185 habitants

Étymologie : Rettigny est déjà cité en 1192 sous l’appellation “Rathingeis”. C’est à partir du 16e siècle que le terme “Rettigny” apparait régulièrement.

Rettigny a formé jusque vers 1820 une commune indépendante. Le village auquel nous associerons le hameau de Renglez est arrosé par trois cours d’eau. Le ruisseau de la fagne, qui vient de Sterpigny, reçoit l’eau de Cherain, à la sortie du village, pour former le ruisseau de Sterpigny et se jeter dans l’Ourthe au Moulin de Bistain.

Entre Cherapont et Houffalize, la vallée de l’Ourthe, très encaissée, est d’une largeur moyenne de 50 à 100 mètres. Les rebords en sont composés de roches dures et gréseuses, et son ancien lit est constitué de prés humides, de fanges incultes et de bois difficiles d’accès. Elle est sauvage et inhospitalière; on comprend dès lors que seuls trois moulins - le Moulin du Trou, le Moulin Magotiaux et le Moulin de Bistain - aient trouvé, par le passé, l’endroit favorable à leur établissement. Tous les autres villages de la vallée se sont en général établis à quelques kilomètres de la rivière.

La région de Rettigny est peuplée depuis le début de notre ère, ainsi qu’en attestent les différents vestiges mis à jour aux alentours du village actuel. Ainsi, entre Rettigny, Gouvy et Sterpigny, au lieudit “Le Beuleu”, des fouilles réalisées en 1962 ont mis au jour deux tumuli gallo-romains qui ont livré de nombreuses pièces datées du début du deuxième siècle de notre ère.

La paroisse de Rettigny, dédiée à saint Lambert, appartint à la villa franque de Cherain à l’époque carolingienne. La présence d’une église est attestée dès 1245 dans une bulle papale d’Innocent IV. L’église paroissiale Saint-Lambert fut bâtie en 1625; elle fut remplacée en 1901 par l’édifice actuel, en style néogothique, construit sur les plans de l’architecte Cupper, de Bastogne. Parmi le mobilier, on remarquera le magnifique autel retable daté de 1906, ainsi que quelques statues polychromes. Le cimetière, à visiter, possède quelques tombes remarquables.

Le presbytère qui jouxte l’édifice est de belle facture et s’intègre harmonieusement dans le paysage.

Vers 1636 une chapelle dédiée à saint Roch fut également construite au bas du village (Renglez) par les habitants, suite à la grande épidémie de peste qui ravageait la région. Agrandie en 1701 et restaurée en 1889, elle comporte un autel à retable de la fin du 17e siècle et quelques statues du début du 18e. Daté de 1701, ce joli bâtiment trapu, en mœllons enduits, se distingue aussi par le portail d’entrée ainsi que par son arc en pierre de schiste. Renglez eut autrefois une petite chapelle dite “des Trois Saints”; celle-ci a aujourd’hui totalement disparu - Voir aussi Limerlé-.
Le village de Rettigny se distingue par la qualité de ses anciennes fermes et demeures typiques. De nombreuses maisons anciennes aux jardins clos de murets de schiste donnent au village un caractère particulier et mériteraient d’être protégées. Citons entre autres les maisons André, Dutroux et Latour.

À la sortie du village, à l’écart, le long de la route qui mène à Brisy, un moulin à grains a été construit en 1939 à une dizaine de mètres d’une ancienne scierie - aujourd’hui disparue - actionnée par l’eau du ruisseau. Il conserve encore aujourd’hui l’ensemble de sa machinerie ainsi que sa grande roue en acier. La majeure partie du bief qui le relie à “l’eau de Cherain” est encore visible non loin du bâtiment. Ce moulin était encore en activité en 1979 - 80 et comprenait trois meules.

Qwan gnaveu dè leus à Retny

çou qu’y-if va raconti à arrivi gna jus cintècinquante ans

À monoïque da m’grand » père à to rivant d’Mont le Ban

ji deu c’minci paf » dire qu’il ester d’Retny

y joyeux dil» viole è y l’alleu fé dansi

to là qu’on l’dimandeu po dè nièces è dè fisses

on z » esteu è plein n-hiver è y d’jaleu à bises


y n’aveu po one bonne heure po rivni oss viadche

À dos, y pwerteu s’viole è quasi on bagage

one fameuse nouée d’tâtes qu’on l’y aveu rmètou

po qu’lè ci dil mahon v » zinc on bon r » pas avoue

y venu d’passé out do viadche di T’chèrin

qu’adon y s’abatta qui l’ester sèwé d’on gros tchin


Y pinça qui s’ester l’tâte qui l’aveu attiri

mè to t’a non cop, l’tchin s’metta à houle

y veilla bin adon çou qui l’y ariveu

l’biesse qui l’sèweu, c’esteu bèl è bin on leu

one houlaye là pu long, vlà qui l’estin z » èl-deux

on po d’vant lu, co oncques » y l’attindeu


Qui fameux ti fé? y s’metta à coris

lè leus to veyant ça divnin co pu hardi

A to prix, y li faleu gangni do timp

ah ! sondjat-y si d’javeu on bock d’pain

ô mè l’bonne tâte poreu bin fé l’affère

y l’zi tape on boquet, puis dense, c’nesteu nin po li plaire


Y rapro-cheu d’Retny, mè ol noquée gnaveu pu rin

è cè lettes bièsses là avine taudis pu faim

y n’saveu pu qwè fé, to pierdou, on l’areu stout po mon

ni s’metta ti nin bin al zi djoui o n’air di violon

è lè leu l’cawe o cou, s’savin do conté d’Brihy

nos homme lès » y cria : “s’djaveu savon v » sari avoue l’èr di violon po » cminci


06/01/80

Louis Nissen, poète gouvion.


Promenades S.I. passant par le village de Rettigny

∙ Nº 20 13 km 3 h 30

∙ Nº 18 12 km 4 h
















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